dimanche 1 avril 2018

DECLARATION : SIX ANS DE REGIME MACKY SALL, OU LE REGNE DE LA FRAUDE ET DU MAQUILLAGE ! (DEUXIEME PARTIE)

Croissance et émergence ou bradage des ressources naturelles : Comment peut- on parler d’émergence de notre pays tout en hypothéquant  pour 30 ans au moins,  au grand détriment des générations actuelles et futures, nos ressources en  gaz et pétrole ainsi que nos ressources halieutiques sans oublier le bradage des ressources foncières, ce à travers des contrats et accords conclus de façon opaque au nom d’intérêts occultes et claniques ? Comment peut- on parler d’émergence quand des décisions de justice prononcées en faveur de centaines de travailleurs injustement licenciés ou mis au chômage, eux qui pourtant assurent la production et les richesses, restent non exécutées 05, 10 ou 20 ans durant, du fait d’employeurs véreux bénéficiant de la complicité active ou passive de l’Etat ? Comment peut- on se targuer de taux de croissance de plus de 7%, une croissance non durable car le plus souvent tributaire des aléas de la pluie et du climat, une croissance qui ne réduit pas les importations, une croissance extravertie dont 52% de la valeur en 2016 sont rapatriés à l’étranger, une croissance sans création massive d’emplois ni réduction de la pauvreté : signalons, à titre d’illustration, que le taux de pauvreté est passé à 77% dans des régions pourtant aux fortes potentialités comme Kolda et Kedoudou, ou même Ziguinchor et Tambacounda ? Comment peut on parler d’émergence sans politique d’industrialisation, sans articulation entre agriculture et industries de transformation des produits primaires? 
Pourquoi tous ces paradoxes ? Parce que, répond l’économiste, le professeur Kassé que l’on ne saurait traiter d’opposant, « si vous regardez un pays dont les exportations sont à 12 % et les importations à 30 %, il y a quelque chose qui ne marche pas ; c’est-à-dire qu’au fond, la machine économique et les revenus que nous tirons repartent à l’extérieur. C’est tout comme si la machine économique travaille pour l’extérieur. En science économique, je n’ai jamais vu un pays se développer à partir des importations. Ces importations aussi, il faut les analyser pour savoir qu’est-ce qu’on importe. On a l’impression de vouloir faire du pays un énorme  bazar » (Pr Kassé lors du Point économique organisé le 13 mars 2018 par le MEFP). Pendant ce temps, ce sont chaque année 275 000 demandeurs d’emploi qui viennent grossir l’armée des chômeurs, constitués surtout de jeunes et de femmes, et estimés à plus de 4 500 000 personnes, soit 58% des 7 800 000 personnes âgées entre 15 et 35 ans qui constituent la population active du Sénégal. Que signifient alors les quelque 336 650 emplois créés, dont se vante le premier ministre Dione ? Jetée là aussi à la mer de Ndaayaan la promesse des 500 000 emplois !

Comment parler sérieusement de croissance inclusive si les entreprises nationales, contraintes pour 97% d’entre elles de se débrouiller  dans l’informel,  sont écartées des marchés juteux au profit des sociétés françaises, chinoises, marocaines, turques ou autres, et sont en même temps étouffées par le poids de la dette intérieure de l’Etat sénégalais ? Cette dette chiffrée en 2012 à 41% du PIB, est montée à 61% du PIB en 2016. Les recours répétés aux emprunts sur le marché financier  international (la dernière opération Eurobond a permis au Sénégal de lever un emprunt de quelque 1200 milliards FCFA en mars 2018, soit le double de celle lancée en 2017) cachent mal les difficultés actuelles de trésorerie, dues essentiellement à la dilapidation effrénée et irrationnelle des ressources financières du pays, ce malgré l’annulation déjà sous Wade, à hauteur de quelque 2 800 milliards FCFA, de  la dette multilatérale du Sénégal, dans le cadre de l’initiative PPTE (Pays Pauvres Très Endettés). En définitive, la croissance actuellement au Sénégal sert, d’une part à enrichir les multinationales capitalistes étrangères, d’autre part à rembourser une dette colossale illégitime, et enfin à engraisser une bourgeoisie politico-bureaucratique d’Etat parasitaire et prédatrice.
Dilapidation des ressources financières : Au Sénégal, alors qu’aucune disposition de la Constitution ne le prévoit spécifiquement,  Macky Sall par décret n°2013-125 du 17 janvier 2013, attribue à tout ancien président de la République un traitement princier mensuel de 5 millions de FCFA, auquel s’ajoutent divers avantages et privilèges, surtout s’il choisit de s’établir hors du Sénégal : une assurance-maladie étendue au conjoint, deux véhicules, un téléphone fixe,  une indemnité de logement d’un montant mensuel net de 4, 5 millions francs CFA, des billets d’avions jusqu’à concurrence de 40 millions de francs CFA par an pour lui et son (ses) conjoint(s), quatre collaborateurs de son choix, un aide de camp, des gendarmes pour  la sécurité de son logement, deux gardes du corps, un agent du protocole, deux assistantes, un standardiste, un cuisinier, une lingère et un jardinier, tous salariés de l’Etat du Sénégal-excusez du peu ! Au vu de ce train de vie royal de retraité, l’on est fondé de demander à combien s’élèvent les revenus réels et autres privilèges du président en exercice ! Monsieur Macky Sall par décret n°2014-697 du 30 mai 2014 octroie une indemnité mensuelle forfaitaire de 500 000 FCFA aux conjoints des ambassadeurs et consuls.  Il crée des institutions politiciennes inutiles, à la HCCT, entretenues à coups de milliards, un HCCT qui roule sur un budget annuel de près de 7 milliards dont 500 millions de fonds politiques.
Revendications sociales légitimes : Dans ce Sénégal là, en 2018, le gouvernement rechigne à payer leur dû aux enseignants, faisant fi d’accords ‘’réalistes et réalisables’’ signés solennellement et officiellement depuis 2014. Idem pour les agents du secteur de la santé. Les étudiants quant à eux sont régulièrement contraints de faire grève, d’allumer des pneus et de jeter des pierres face aux grenades lacrymogènes, simplement pour percevoir leurs bourses. Quelle prise en charge effective et consensuelle a été faite des conclusions issues de la Concertation nationale sur l'avenir de l'enseignement supérieur  de 2013 ainsi que des Assises nationales sur l’éducation et la formation de 2014, pour des solutions durables aux crises répétées dans le secteur de l’éducation, de la formation et de la recherche? Pendant ce temps, les dettes cumulées et non payées aux structures de santé au titre de la CMU tant vantée, sont entrain d’étouffer dangereusement les établissements de santé. Comment peut- on alors parler d’émergence tout en compromettant quotidiennement le fonctionnement de secteurs stratégiques vitaux tels que l’éducation et la santé ainsi que leur capacité à assurer aux citoyens un service public de qualité ?  Ce ne sera certainement pas en traitant les enseignants grévistes d’«anarchosyndicalistes aux revendications excessives », formulées « à des fins politiques avouées de vote -sanction contre le Président Macky Sall, candidat à un second mandat » ! Décidément, le spectre du second mandat hante même le sommeil de certains ‘’publicistes marxistes’’  convertis au mackysme ! Une urgence s’impose nettement : le système déséquilibré, incohérent et inéquitable de rémunération des agents de la fonction publique, hérité en particulier du système Wade et maintenu par Macky Sall, doit être revu en profondeur dans un souci d’équité, de justice et de transparence, facteur de paix sociale. Désormais, pour une sortie de crise dans le secteur éducatif,  n’est- il pas indispensable de nouer un  Pacte de solidarité citoyenne pour l’école, entre enseignants,  parents et élèves, en vue d’aller au-delà du dialogue de sourds  Syndicats / Gouvernement, pour constituer un pôle tripartite chargé de conclure avec le gouvernement les conditions d’un climat de sérénité, passant par la mise en œuvre effective des accords signés, et prenant l’opinion nationale à témoin, mettant ainsi publiquement chacun des acteurs devant ses responsabilités ? 


Unité et lutte, exigence d’alternative crédible : Cela va de soi, bien évidemment tout ne peut pas être négatif  dans les six ans de règne de Macky Sall : moins de coupures d’électricité, plus d’infrastructures, plus d’accalmie en Casamance… Certes, mais il faut bien l’admettre, les fruits n’ont pas tenu la promesse des fleurs… de campagne électorale !  
                                                                                                         
Face donc aux leurres, aux reniements ou autres wax waxeet, aux gaspillages et aux détournements, à la gestion maffieuse, clientéliste et prédatrice, face aux dérives liberticides et autres tentatives organisées de « un coup k.o », véritable coup d’Etat électoral, seules l’unité et la lutte peuvent constituer une voie salutaire pour notre peuple. Unité et lutte des Sénégalaises et Sénégalais en vue de réussir l’indispensable révolution culturelle pour le changement décisif des mentalités et des comportements, comme vient de l’illustrer Ibrahima Hamidou Dème, qui « démissionne d'une magistrature qui a démissionné », pour refuser de cautionner « une culture de soumission qui a progressivement remplacé une longue culture d'honneur, de dignité et d'indépendance », et pour prôner en actes « une nouvelle mentalité…, l'émergence d'une nouvelle citoyenneté, l'émergence d'un patriotisme nouveau, l'émergence d'une nouvelle gouvernance, seules capables de vaincre le statu quo et de porter un développement durable et harmonieux. »

 Unité et lutte des travailleurs sur le terrain, autour des revendications populaires, à l’exemple de la marche de la CNTS du 23 janvier 2018. Nécessaires unité et lutte des travailleurs sur le terrain, en général et en particulier dans les secteurs de l’éducation et de la santé, à travers l’indispensable fédération de leurs différents cadres syndicaux, afin de renforcer la crédibilité et l’efficacité de leurs combats. Rassemblement et lutte des démocrates et patriotes, sur le terrain, à la veille de l’échéance présidentielle et des élections locales de 2019, dans la convergence et l’interaction des « 3F » : Fusion, Fédération, Front. Telle est la voie pour une recomposition politique indispensable, dans la perspective, non plus d’une simple alternance dans la continuité de la dépendance et du pillage, mais plutôt d’une vraie alternative autour d’un Plan Sénégal Indépendant  pour la souveraineté et le développement endogène, dans une Afrique de liberté et de dignité, pour la refondation démocratique et institutionnelle, la mise en œuvre d’un projet de transformation sociale porté, non par un individu, mais plutôt par un leadership collectif imbu de valeurs et d’éthique de progrès, dans l’esprit des conclusions des Assises nationales et des Recommandations de la CNRI. Il y va du salut du Sénégal, aujourd’hui et demain.


Fait à Dakar le 28 Mars 2018

Le Secrétariat Permanent de Yoonu Askan Wi







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